12 octobre 2009
La Cuisine de Régis et Jacques Marcon
En février, après plusieurs tentatives, voyages annulés, reportés, Régis Marcon venait découvrir l'école hôtelière de Sala Bai au Cambodge.
Sa démarche, très personnel, était de découvrir le projet, rencontrer les élèves et échanger avec l'équipe pédagogique.
Il a donc été de ma responsabilité de l'accueillir et d'organiser son séjour parmi nous.
Je voulais sans rien changer à notre quotidien, qu'il éprouve ce que les volontaires ressentent chaque matin, le bonheur de retrouver les 100 élèves, le plaisir de voir évoluer les professeurs ...
J'ai eu la chance de rencontrer un homme, généreux, ouvert, donnant de son temps et son énergie.
J'ai eu la chance de partager quelques moments avec Michèle, sa femme, Paul son fils, Marie sa fille.
Ils sont repartis avec le Cambodge dans leurs coeurs, les élèves de Sala Bai dans leurs pensées.
Aujourd'hui Régis, avec son fils aîné Jacques, sort un livre. Je ne l'ai pas vu, mais je fais confiance à Régis pour défendre les produits, les producteurs, nous offrirent de belles recettes à 4 mains.

Il y a une seule chose que je sais, Paul a appris avec les élèves une recette durant son séjour en février, un dessert typiquement cambodgien, un échange moitié en français, moitié en cambodgien, les mains dans la farine, de riz gluant !
La cuisine est universelle, elle ne nécessite que des yeux, des mains, des rires, d'être soi-même
Comme ces moments entre un chef étoilé, Bocuse d'Or avec les élèves de cuisine de Sala Bai, venant des campagnes, ayant découvert 6 mois auparavant la cuisine occidentale.
Depuis il a lancé un appel pour que nous puissions organiser des missions avec les professeurs de cuisine sur plusieurs thèmes. Une première mission a eu lieu en août, d'autres auront lieu en 2010.
Mais son cadeau, il se trouve dans le livre, il partage avec vous la recette apprise par Paul
Alors foncez, retrouvez l'univers de Régis et de Jacques Marcon et surtout son clin d'oeil aux élèves de Sala Bai.
Régis, j'espère que tu seras parmi nous bientôt, un peu plus longtemps, pour te faire découvrir encore plus de choses.
J'ai hâte d'aller vous chercher, Paul, pense à prendre ta veste et ton tablier.
AnneE
04 octobre 2009
Réflexions
Comme vous le savez peut être un typhon Ketsana a traversé les Philippines, le Vietnam avant de se transformer en tempête tropicale la pire de ces 20 dernières années.
Elle a parcouru le Cambodge du Rattanakiri, Kampong Cham, Kampong Thom, Siem Reap.

Croisement de ma rue et de la rue longeant la rivière
Après une crise économique mondiale et donc une saison touristique désastreuse, Siem Reap est sous les eaux ainsi qu'une grande partie de l'économie de ce pays.
Même si nous sommes sous les eaux depuis plusieurs jours, vous avez probablement peu ou pas entendu d'info sur le Cambodge. Pourquoi ? Nous n'allons pas faire fuir les derniers touristes.
La saison des pluies n'est pas terminé, la saison touristique commence réellement dans une dizaine de jours.
L'analyse de la situation me met assez mal-alaise.
Après 6 mois très difficile pour la population, beaucoup ont perdu leur emploi (textile, tourisme, construction ...) dû à la crise économique mondiale, cette tempête détruit les plans de riz et les derniers dollars que les gens avaient encore.
Au Cambodge, tout le monde a un peu de terre pour planter du riz, avoir quelques animaux.
Le riz a été arraché par la force des courants, les rivières ayant débordées, déjà gorgées d'eau par la saison des pluies. Les animaux pour la plus part sont morts la deuxième nuit, l'eau est monté assez vite, de plus d'un mètre parfois.

Pont du vieux marché Psar Cha, au rond point du Martini
La population va donc être très exposée économiquement à l'après tempête surtout que la saison des pluies n'est pas finie, pas plus que celle des tempêtes hors en ce moment la région subit catastrophe naturelle sur catastrophe naturelle, tremblements de terre suivi ou pas de tsunami, typhon, tempête et donc coulée de boue, glissement de terrain, etc.
Concernant les emplois dans le textile ou la construction, la reprise économique permettra peut être au secteur de repartir mais les entreprises doivent diversifier leur offre, trouver de nouveau marché, surtout dans la région pour ne pas dépendre uniquement de l'économie américaine.
Pour la construction, le problème est plus complexe, à Phnom Penh, à Siem Reap, les nouveaux quartiers sont créés sans que personne ne sache qui vivra dedans. Les étrangers sont exclus puisque nous ne pouvons être propriétaire, les khmers de l'étranger reviennent à Phnom Penh mais peu dans les autres villes pour l'instant, les riches cambodgiens s'offrent plutôt de luxueuses villas au Cambodge mais aussi à l'étranger et la classe moyenne, grande cible, est attentiste depuis plusieurs mois.
En face de chez moi, 3 immeubles luxueux sont en construction depuis 2 ans dont 1 an de finition, des appartements, confort moderne.
Mais voilà à 800 USD le studio, je ne vois pas qui pourrait y vivre, pas les cambodgiens, et concernant les étrangers, finalement très peu ont un statut d'expatrié avec appartement payé, beaucoup comme moi, sont des volontaires avec une indemnité qui ne permettra jamais d'y vivre. Pour les entrepreneurs, ils ont souvent choisi des villas, avec jardin, piscine, pour un loyer autour de 700 USD, vous feriez la même chose !
Le secteur touristique, en plein boom avant la crise économique, va repartir, nous l'espérons tous avec la nouvelle saison.
Mais il faut que vous sachiez que la province de Siem Reap est l'une des plus pauvres du Cambodge et donc montre bien que la manne touristique ne profite pas à la population.

On ne distingue même plus le lit de la rivière, le trottoir, la chaussée
Mais pire le comportement des touristes, refusant de changer leurs Habitudes, leurs Attitudes, leurs Charités est un fléau. Je vous en ai souvent parlé sur ce blog, il ne faut jamais donner d'argent, à manger ou même acheter livre ou carte postale aux enfants.
LES ENFANTS N'ONT RIEN A FAIRE DANS LA RUE A VENDRE, QUÉMANDER, RÉCLAMER, TRAVAILLER
Que croyez-vous ? Que je suis devenue insensible à leur souffrance ? Non, vous créez cette pauvreté, vous créez les enfants des rues, le traffic de drogues, la prostitution, vous facilitez le traffic d'enfants, vous facilitez l'accès aux enfants par les pédophiles avec vos comportements.
En donnant de l'argent à un enfant, vous incitez les trafiquants a en mettre d'autres dans la rue dès le lendemain.
En apprenant aux enfants quelques mots d'anglais, de français, vous facilitez la tâche des pédophiles, cela permet d'aller plus vite, balade en vélo qui passera par un hôtel, une glace qui finira dans un coin sombre, quelques crayons de couleurs, cahiers d'école, etc.
IMAGINEZ LE PIRE ET VOUS SERREZ ENCORE LOIN DE LA RÉALITÉ DU TERRAIN
Changez vos comportements, parlez-en autour de vous
Le dernier point est pas le moindre les ONG.
Le Cambodge pour vous donner une idée est de la même taille que la Tunisie, le recensement de 2008 a compté 14 millions de cambodgiens, la pays est le plus financé au monde et celui qui accueille aussi le plus d'ONG.
De 1975 à 1979, le pays a vécu sous la terreur des Khmers Rouges, un tiers de la population est morte. de 79 à 89, le Vietnam présent dans la pays n'a pas rétabli la démocratie et les Khmers Rouges ont continué à gérer plusieurs provinces. Les infrastructures étaient détruites écoles, hôpitaux, administrations et la quasi totalité des lettrés étaient morts, les autres dans des camps en Thaïlande ou réfugiés en France, États-Unis, Canada.
En 1991, L'ONU est arrivé avec ses soldats, ses millions, sa corruption, provoquant des jalousies, des conflits entre chef de guerre, Khmers Rouges repenties, etc. Le siège du Cambodge à l"ONU a été occupé jusqu'en 1996 par un Khmer Rouge.
1998 le coup d'état, de nouveau un trou noir. Hun Sen deviendra et est l'homme fort du pays, il est aujourd'hui le Premier Ministre. Peu importe ce que vous lirez sur lui, entendrait sur lui, il est le seul à pouvoir tenir les reines. Alors entre la peste et le choléra, il faut faire un choix.

Le vieux marché
Oui mais le hic est là, rien de se passe, rien de se fait sans les ONG. L'état est "sans argent", dépassé.
La constatation des derniers jours est effroyable, aucun service de l'état, aucun service de la province n'était présent dans les rues, auprès de la population.
Aucune information fiable sur les prochains bulletins météo et donc les alertes
Aucune communication vers la population sur les dangers, les précautions.
Vous vous retrouvez dans une ville sous l'eau, avec des familles à 4 ou 5 sur une moto, avec enfants en bas âge, voir bébé, en balade dans les rues, de l'eau souvent plus haut que le moteur, POUR VOIR !
Les enfants profitant pour SE BAIGNER dans une eau infestée de sangsues, serpents et autres
MAIS RIEN N'EST GRAVE, DEMAIN LES ONG SERONT LÀ, POUR RÉPARER LES ROUTES, DISTRIBUER LES SACS DE RIZ, RÉOUVRIR LES ÉCOLES, LES HÔPITAUX
Les cambodgiens sont devenus des assistés
Voilà pourquoi je suis si mal depuis le début de ses inondations, non je n'ai jamais été en danger, mais heureusement car je ne peux pas compter sur l'état cambodgien et donc uniquement sur la solidarité entre étranger enfin la solidarité avec votre cercle d'amis, enfin il s'est sacrément rétrécis ce cercle d'amis depuis 5 jours !
Je suis venue la première fois en 2005, depuis nous avons des routes, nous avons des supermarchés, plus de 40 hôtels 5 étoiles, 2 golfs
MAIS CEUX-CI EST UN DÉCOR DE CINÉMA EN CARTON PÂTE, DERRIÈRE, RIEN N'A CHANGÉ, RIEN

En longeant la rivière vers la Wat
Le constat est amer, les cambodgiens vivent au jour le jour, comptant sur les étrangers pour faire, donner de l'argent. Rien n'a changé et surtout pas leur envie de s'en sortir. Ils sont assistés. L'état est lui même sous perfusion.
J'ai de jolies histoires à vous raconter, de belles initiatives mais si peu, si rare.
A quel moment les ONG doivent partir même si elles savent que derrière cela engendrera un cahot ?
Mais du cahot pourra renaître un pays, une bonne fois pour toute.
Je ne sais pas, je suis très perplexe depuis quelques jours, je n'ai pas vu la stagnation, j'ai moi aussi cru au joli décor en carton, j'ai bien voulu voir ce qui m'arrangeai.
Et puis finalement, vous êtes envoyés sur le terrain par des gens qui se donnent bonne conscience en sauvant tous ses petits nenfants pauvres.
Mais si le Cambodge doit évoluer, si les touristes doivent changer leur comportement, les ONG, elles aussi, doivent prendre conscience que l'urgence, n'ai pas le durable, que nous ne sommes pas en vacances ici, mais nous bossons, beaucoup. Nous vivons en tongs mais cela ne veut pas dire que le mythe de peace and love existe toujours, une autre génération, d'autres envies, une expérience professionnelle solide.
Il en ressortira certianement pleins de belles idées, de beaux projets, je l'espère.
Bise
AnneE
PS :
- je n'ai pris aucunes photos d'enfants se jetant dans l'eau pour ne pas les inciter à continuer,
- je n'ai pris aucunes photos de famille essayant de sauver des eaux maisons, commerces, je n'aimerai pas qu'on me le fasse
- je n'ai pris aucunes photos de mes voisins en grande difficulté et désarroi
Je ne suis ni photographe de presse, ni journaliste, je trouve notre société suffisamment voyeuriste pour ne pas en ajouter une couche, je n'ai jamais souhaité vous faire pleurer avec des images chocs et ce n'est pas maintenant que je vais commencer.
Nous devons apprendre à réfléchir, à analyser, à changer, Nous devons construire l'avenir de nos pays, de notre société, nous devons vivre sur cette planète ensemble.
20 septembre 2009
Sala Bai Newsletter

L'école, au coeur de Siem Reap
Restez en contact avec nous en lisant la nouvelle Newsletter de l'école.
Elle évoque la fin d'année, avec les examens, la remise des diplômes, le voyage de fin d'étude mais aussi un petit rappel des évènements des 3 derniers mois.

Un clin d'oeil à Juliette et Boris sans oublier Emilie, bientôt maman et puisque nous sommes au Canada, une pensée pour Ngoc et Vincent qui après un an de voyage en Asie, visitant des ONG-écoles doivent être de retour au Quebec. Ils sont restés une semaine avec nous pour le plus grand plaisir des élèves, entre verrine, gâteau au chocolat et tarte aux fruits.

Pour les besoins de l'école, j'ai recruté un nouveau professeur, Chamroeun, ancien élève de Sala Bai et qui revient pour enseigner comme professeur de cuisine.
Je n'ai aucune fierté à l'avoir recruté, j'ai simplement eu envie de recruter un ancien élève, son expérience professionnelle était très intéressante et pouvait enrichir l'équipe qu'il allait former avec l'actuel professeur.
Je suis juste très fière de lui, de son parcours et je lui souhaite beaucoup de réussite.

Les élèves de Housekeeping
Une nouvelle étape pour l'école, très enrichissante, je l'espère pour les autres professeurs, Chamroeun peut apporter un regard différent sur les élèves, positiver son parcours et son expérience.
Maintenant la majorité des professeurs a moins de 30 ans. Ils sont l'avenir de leur pays, ils veulent le construire.
Travailler avec eux est un véritable plaisir, parfois un challenge. Ils tentent de plus en plus, un enseignement différent, plus actif, ils ne sont pas toujours confiant mais ils sont toujours positifs, motivés.

Discours des élèves avec Vanna, élève de Front Office et Sok Ry, élève de Restaurant
J'aborde cette année très différemment, plus créative, j'ai enfin tourné la page de la Maison bleue et recommence à imaginer des recettes et bien d'autres choses.
Pour l'instant je suis surtout créative sur les murs de ma maison.
Ce blog va peut être enfin renaître de ses cendres, et puis je vous le dois bien.
Bise
AnneE
16 juillet 2009
un jour, une photo - Mariage, Les bijoux - une broche

09 juillet 2009
un jour, une photo - Mariage, Les moines - les mains













